Quand Monique prend la plume...

Hello les amis, c'est Monique !

J'ai piqué l'ordi. pendant que Guirec répare le chauffage ; c’était urgent, il fait 6° dans le bateau… Avant de nous faire piéger dans les glaces (il paraît que c’est pour très bientôt), je voulais vous faire lire un petit extrait du livre pour enfants (à partir de 9 ans) que je suis en train d’écrire. 

Guirec et Virginie (notre ange gardien pour ceux qui ne la connaissent pas encore ; elle est là : http://voyagedyvinec.com/equipage/) me disent que je suis complètement folle, que c'est bien trop tôt, que le livre n'est même pas illustré… et encore moins publié… Tant pis, j'ai trop hâte de connaître vos réactions et celles de vos enfants ! 

Alors voilà les premières feuilles (de brouillon) des aventures de mon premier voyage avec Guirec : « La transatlantique de Monique ». Bonne lecture !

A bientôt,

Momo

 

« Salut la compagnie !

Moi, c’est Monique ! Et lui là-bas, c’est Guirec, un drôle de loustic qui se dit capitaine de navire.

Tu parles ! Un rigolo oui… Il n’y a qu’un capitaine ici et c’est MOI !

En ce moment, il a les mains dans le cambouis, il essaye de réparer le moteur du bateau qui est toujours en panne… ce boulot là je lui laisse, je déteste me salir les plumes… Allez bosse matelot !

Vous vous demandez ce qu’une poule peut bien fabriquer, perchée sur le mât d’un voilier au milieu de l’océan ?? Embarquez avec moi, je vais vous raconter… mais vite fait alors parce que je vois déjà les côtes d’une île se dessiner là-bas et il faut que je me fasse belle avant d’accoster. Il paraît que c’est l’île des stars, je vais leur montrer ce que c’est qu’une star moi, une VRAIE !

Vous êtes confortablement installés ?

Alors laissez-moi me présenter : Je viens des Canaries, une île espagnole près des côtes africaines. Je vivais tranquillement avec ma famille et plein d’autres animaux moins nobles que nous (des vaches, des cochons et autres quadrupèdes malodorants) dans une jolie petite ferme tenue par un gentil couple de fermiers. La vie était certes un peu monotone mais douce et heureuse…

Un beau jour, alors que je jouais à « 22 v’la l’renard ! » avec mes frères et soeurs, je me suis pris les pattes dans la gamelle du chat, qui s’est envolée avant de retomber à l’envers sur ma tête ! BING ! Aveuglée et sonnée par ce casque improvisé, j’ai titubé quelques instants avant de … OUUUAAARRRGGGHHH !! AU SECOURS !!! … faire un ultra giga méga plongeon et d’atterrir… dans la fameuse gamelle ! 

Après avoir failli me tuer, cette gamelle m’a sauvé la vie parce qu’elle et moi ou plutôt, moi dans elle, on s’est retrouvées flottant au milieu de la mare ! Évidemment, je ne savais pas nager… vous verrez plus tard que ça a bien changé, je suis une super swimming poule maintenant !

Bref, alors que je me remettais de mes émotions, j’ai entendu un drôle d’énergumène hirsute qui se bidonnait comme un primate en me montrant du doigt. « C’est elle que je veux, c’est mon double à plumes ! » a-t-il lancé au fermier avant de poursuivre sur le même ton insultant « Elle a l’air aussi maladroite que moi ! ».

Hein ? Quoi ? Qu’est ce qu’il me veut le chevelu ? » pensais-je, furibarde !

Pas le temps de filer ni de me réfugier sous les ailes de ma mère. Je me suis retrouvée, arrachée à ma famille, tétanisée, sur une moto qui faisait un bruit de tous les diables, avec le bonhomme. 

Bon, si j’étais morte de trouille au début, il faut quand même dire que le vent dans les plumes ça ne m’a pas paru si désagréable en fait, c’était même plutôt rigolo… ça chatouille !! 

Arrivés sur le port, il m’a lancé « Allez, viens Monique ! Je t’emmène en voyage ! Tu vas adorer ! ». Et hop ! Ni 1 ni 2, il m’a attrapée par les plumes avant de sauter dans son bateau en ajoutant, fier comme un coq, « Bienvenue à bord Monique ! ».

« Monique, Monique, c’est qui Monique ?? moi je suis Poulette, Poulette la starlette, faut pas confondre coco et abricot ! » rétorquais-je !

C’est comme ça que je me suis retrouvée embarquée à bord d’Yvinec, un vieux voilier trentenaire avec Guirec, un jeune marin, complètement fou, d’à peine 20 ans… Très vite, je me suis aperçue qu’il était marin comme moi j’étais danseuse étoile. Il avait acheté son vieux bateau très abîmé une poignée de graines et venait de faire la traversée de la Bretagne aux Canaries par pur miracle ! 

Comme il me l’a expliqué d’un air goguenard, avant de partir de Bretagne, il n’avait, pour toutes notions de voile, que ses connaissances de planche à voile… autant vous dire que c’était plutôt léger comme bagage !! Totalement irresponsable ce garçon ! On ne part pas en bateau quand on ne sait pas naviguer, comme on ne se jette pas à l’eau quand on ne sait pas nager… c’est du bon-sens ! 

Il m’a même avoué, avec une pointe de fierté mal placée, qu’à chaque tempête il avait failli couler et qu’il n’était parvenu à venir jusqu’ici que grâce à la robustesse de son bateau qui acceptait les coups sans faiblir…

En d’autres termes, il se faisait la main sur son embarcation et moi j’en serai maintenant le témoin impuissant puisque je n’avais pas plus de notion de voile que lui…

Pas très rassurant tout ça, n’est-ce-pas ?

Il m’a fallu quelques jours pour m’acclimater à cette drôle de maison flottante et ondulante… Dès qu’un bateau entrait dans le port, Yvinec se mettait à danser la java, ça me soulevait l’estomac et m’envoyait valdinguer ! Heureusement je trouvais toujours un obstacle sur ma route pour arrêter mes vols planés et m’éviter de terminer dans l’eau du port… Je préfère avoir un oeil au beurre noir que de devenir un corps-mort… » (…)