De Qeqertarsuatsiaat à Nuuk, toute une histoire...

Nous avons levé l'ancre de Qeqertarsuatsiaat lundi dernier à l'heure où vous étiez sûrement nombreux à arriver au bureau.

Cette navigation n'a pas été très agréable ; on avait un fort vent de face. 

En voyant au loin une immense plage nous avons décidé de mouiller dans la baie. Le paysage était magnifique, on se serait cru en Bretagne!

Nous avons débarqué et laissé Monique se dégourdir les pattes sur la longue plage de sable. Elle était comme une folle et alternait des parties de cache-cache dans les herbes hautes avec de longues déambulations sur la plage. 

Nous avons aussi profité de cette escale pour mettre le bateau en ordre. En effet, comme nous devons récupérer un ami à Nuuk, nous devions organiser le bateau qui est très très encombré.... Chaque centimètre carré est compté...Nous avons aussi fait la vidange du moteur et les niveaux du pilote automatique etc.

Au petit matin direction Nuuk donc. Comme le vent n'était malheureusement pas au rendez-vous, nous sommes partis au moteur parce que nous n'avions pas de temps à perdre si nous voulions être vendredi à Nuuk. Au bout de 2 heures de navigation sans histoire, j'ai senti une odeur d'huile très problématique.

Après avoir soulevé le capot du moteur j'ai, en effet, constaté qu'il y avait de l'huile partout...

Il fallait donc mouiller au plus vite ce qui était particulièrement dangereux parce que nous étions entrain de sillonner dans un labyrinthe d'îlots entre lesquels il n'y avait pas plus de 4 m de large et 5 m de profondeur!

Nous avons fini par trouver une petite baie où s'abriter pour réparer le moteur et nous avons aussitôt lancé deux ancres à l'avant pour ne pas déraper, ce qui représente à peu près 40 kg pour 20 mètres de chaîne.

Problème: nous nous sommes vite rendu compte que nous dérivions ... de beaucoup plus que de 30 m et nous avons donc tout de suite compris que le bateau n'était plus accroché aux ancres. Nous constaterons quelques temps plus tard que la manille qui reliait les ancres au bateau s'était cassée.

Nous avons donc remis immédiatement le moteur en marche pour récupérer les ancres auxquelles nous avions heureusement accroché une bouée, ce qui nous a évité de plonger pour aller les chercher… N'oublions pas que l'eau est à 3° en surface et descend vite à 0… 

Bref après ce stress nous avons fini par trouver une nouvelle baie et lorsque le moteur a refroidi nous avons constaté qu'en fait le bouchon d'huile avait sauté et nous avons pu refaire le niveau.

Puis nous avons continué notre navigation vers Nuuk en slalomant entre les îlots, pour éviter la houle très forte du large. Cette navigation a été vraiment compliquée parce qu'en plus de l'étroitesse des passages nous devions lutter contre un fort courant et un vent de face qui montait souvent à 25–30 nœuds. La moindre erreur de navigation risquait de nous projeter sur les rochers.

Cette semaine, les nuits étaient particulièrement tendues : en effet, si le radar peut repérer les icebergs il ne peut pas détecter les growlers (ou bourguignon en français) qui sont des blocs de glace plus petits. Nous devons donc toujours être vigilants et avançons avec un phare à l'avant pour les détecter et éviter de se retrouver posés sur l'un d'eux comme sur la photo.

Si les nuits sont stressantes elles sont aussi magnifiques puisque nous avons eu déjà très souvent la chance de voir de sublimes aurores boréales qui illuminent et animent le ciel. Nous nous croyons souvent au cinéma!

Nous sommes donc arrivés vendredi matin à 6h à Nuuk, à l'heure au rendez-vous avec Johann, un ami rencontré sur l'île de Saint Martin et qui va nous accompagner deux semaines à bord. 

Johann est un pilote de drone hors-pair qui va nous aider à vous envoyer de belles images. C'est top!

Par hasard nous avons mouillé tout près d'un bateau… de la Marine Nationale française ! C'était assez incroyable de faire cette rencontre ici. 

Nous avons reçu un accueil fabuleux des 40 membres d'équipage du Malabar, remorqueur de haute mer de 50 m basé à Brest . 

Nous avons eu la chance de pouvoir visiter ce navire et de fêter cette belle rencontre de 2 bateaux français si loin de leurs ports d'attache. 

Nous repartons de Nuuk sans vraiment avoir eu le temps de découvrir cette ville qui est la capitale du Groenland et compte 16 000 habitants. En effet, nous sommes encore pressés par le temps puisque Andrea, qui est avec nous depuis Halifax, repart jeudi prochain de Sisimiut qui se trouve à 320 km au nord de Nuuk.

Pendant cette étape, nous franchirons le cercle polaire!!

Nous profitons de ce post pour vous rappeler que demain matin vers 7h30 nous serons interviewés par Élodie Gossuin et Bruno Roblès dans leur matinale de RFM.

Takuss'!

Guirec et Monique