de Nuuk à Sisimiuut… une navigation mémorable à plus d'un titre!

Bien que je n'ai pas beaucoup de temps avant de reprendre la mer vers Ilulissat, il faut que je vous raconte notre navigation de Nuuk à Sisimiut qui a commencé comme un rêve et s'est terminée en cauchemar.

Après avoir fait les pleins de fuel et d'eau, nous avons donc quitté le port de Nuuk sous un soleil de plomb. Merci à Johann notre nouveau coéquipier qui avait ramené le soleil de Saint-Martin avec lui…Il a envoyé le drone tout de suite pour survoler la sortie de Nuuk. Nous étions tous surexcités par la belle navigation à venir très prometteuse.

Au départ nous n'avons pas été déçus, nous avons tout de suite vu des bancs de phoques qui nageaient partout au loin ... il devait y en avoir une quarantaine!

On a essayé de s'approcher pour les filmer mais à chaque fois il replongeaient et semblaient plutôt vouloir jouer à cache-cache avec nous que faire une séance photo.

Super heureux de cette journée nous nous arrêtions souvent pour faire voler le drone, et finalement nous n'avons parcouru que 30 à 40 milles ce jour là. 

En fin de journée, nous avons décidé de nous mettre à l'abri de la côte pour la nuit ; nous sommes arrivés dans la baie sous voile peut-être un peu trop vite… aux alentours de 6 nœuds. 

Il y avait pourtant quelqu'un à l'avant mais qui n'a pas eu le temps de réagir et là nous avons entendu un gros Bing ... Nous venions de passer de 6 à 1 m de fond brutalement… Ça ne pardonne pas… c'était la dérive qui avait tapé un rocher... Heureusement rien de grave, la dérive est remontée dans la quille automatiquement ... sans dommage. (Pour voir les choses du bon côté cette remontée soudaine a dû même faire la carène de la dérive…). 

Après ce bon stress nous avons mouillé dans une baie magnifique remplie d'îlots incroyables ... on vous enverra bientôt des photos.

Le lendemain matin nous sommes repartis sous une mer glacis, un véritable lac!

Jusque-là tout allait plutôt bien…

Il était prévu qu'une dépression arrive par le sud, le vent commençait à se lever, nous avons donc mis les voiles en ciseaux (Grand voile à babord, génois à tribord) et nous réduisions petit à petit les voiles au gré du vent qui forcissait.

En fin de journée nous avons vu une grosse masse blanche devant, était-ce un iceberg ? 

Comme il y avait un village tout près de nous, nous avons décidé de nous y mettre à l'abri pour la nuit.

Ce village avait une passe minuscule sur la carte, il faisait déjà nuit et nous avons malencontreusement pris une fenêtre du village pour le feu rouge bâbord de l'entrée du port...

Cette direction nous emmenait droit sur les rochers... heureusement que nous avions un gros spot à l'avant qui nous a permis de rétablir notre route! 

Nous avons fini par trouver la mini passe, il y avait trop de houle pour mouiller dans la baie alors nous nous sommes dirigés vers un quai mais compte tenu de la houle, du courant et du vent nous avons loupé l'accostage plusieurs fois...

Nous avons fini par nous amarrer en laissant pas mal de jeux dans les amarres à cause des marées.

Le lendemain nous avons été réveillés par le bateau qui tanguait contre le quai dans un port ... complètement déchaîné! 

Avant de repartir, nous devions nous connecter à Internet quelques minutes pour prendre la météo, ce que nous avons fait dans l'école du village. Pas le temps de raconter nos aventures, il fallait aller vite!

Les badauds sur le quai étaient médusés de nous voir reprendre la mer avec un vent de 50 noeuds. Mais nous n'avions pas le choix : d'une part le bateau se faisait trop maltraiter dans ce port mal abrité et d'autre part il ne fallait pas qu'Andréa loupe son avion à Sisimiut.

Nous avons donc vite rangé le pont, bien attaché l’annexe parce que nous savions que la tempête allait être violente.

Nous sommes partis du quai le moteur à fond et pourtant nous n'avancions qu'à 0,5 nœuds! Le bateau décollait littéralement à cause de la houle qui entrait dans le port et enfournait en retombant. C'était dingue ! La moindre erreur nous aurait ramenés immédiatement sur les rochers... 

Au bout d'un mille seulement, une vague de travers, pas très grosse pourtant (2 à 3 m) mais super puissante a couché le bateau, l'inondant totalement!

Cette tempête venait du sud il y avait 50 noeuds établis avec des pointes à 60 et donc une très forte houle qui venait par l'arrière.

Nous ne pouvions pas longer les côtes (pourtant il y aurait eu moins de houle) à cause des nombreux hauts-fonds imprévisibles. Nous venions d’en faire l’expérience sans trop de vent alors avec cette tempête, ça aurait été catastrophique!

Nous n'avions pas d'autre choix que de surfer ces monstrueuses vagues qui, pour certaines, faisaient plus de 8 m de haut!

Pour vous donner une idée, la vitesse de croisière d'Yvinec est de 5 nœuds et là nous étions souvent à 12 nœuds avec un record absolu à 16.4 nœuds! C'était absolument incroyable!

Nous devions anticiper chaque vague, être tout à fait perpendiculaire à elles sinon le bateau se mettait immédiatement en travers avant de se coucher.

Parfois une vague plus haute que les autres cassait dans le cockpit qui était transformé en vraie piscine!! C'était complètement fou !

Cette monstrueuse tempête a duré 13 heures. Nous avons donc rejoint Sisimiut plus vite que prévu, à 1h ce matin.

Le port de Sisimiut étant bien abrité, nous n'avons eu aucun problème pour y entrer.

En arrivant, nouvelle frayeur, la cage de Monique était ouverte et elle avait disparu!!

Nous l'avons cherchée partout dans le gros bazar créé par la tempête, tout était sens dessus dessous!

Nous avons fini par la retrouver sous une pile de vêtements et chose incroyable ... elle avait pondu un œuf!

Nous avons même filmé la scène que nous vous montrerons prochainement. Cette poule est totalement folle!!!

Nous espérons que le temps est moins agité chez vous!

À bientôt !

Guirec et Momo