Merci Ouest-France!

Merci à l'excellent et fidèle Ouest-France qui relaie une nouvelle fois nos aventures dans ces deux articles :

 

Guirec et sa poule font cap sur le froid de canard

PAR SYLVIE RIBOT

ACTUALITÉ

Le jeune navigateur de Plougrescant (Côtes-d’Armor) vient d’arriver au Groenland. Avec Monique, sa poule rousse, il a croisé ses premiers icebergs.

Guirec Soudée et sa fidèle poule Monique viennent d’accoster en terres groenlandaises. À bord du voilier Yvinec, cette chaleureuse aventure humaine se poursuit au fur et à mesure que baissent les degrés. « La température est encore clémente, 0 le matin et 15-16 l’après midi au soleil, bien que nous ayons des icebergs tout autour de nous… » Après avoir admiré ses premières aurores boréales, l’équipage a fait escale dans la petite ville « pittoresque » et colorée de Qaqortoq.

Financement participatif

Parti de Saint-Barth puis Saint-Martin en juillet, l’improbable duo n’a pas chômé cet été. Enfin… surtout Guirec, Monique se contentant généralement de pondre des œufs. Grâce au financement participatif via Ulule (il visait 10 000 €, il en a récolté 18 411 !), « j’ai pu m’équiper sérieusement. En plus des nombreuses heures passées à refaire la coque, j’ai renforcé le gréement, acheté un nouveau moteur, un jeu de voile, tous les instruments de navigation et de sécurité, un panneau solaire, une éolienne, une annexe… » explique le navigateur de 23 printemps.

Yvinec, dans ses premiers paysages blancs et bleutés. (Photo : DR)

En juillet, après une pause forcée à Virgin Gorda (îles vierges britanniques) due à une panne de pilote automatique, Yvinec a eu droit à une « petite semaine de navigation tranquille, avec des vents avoisinant les 3-4 nœuds seulement. » Lors d’une escale de 24 heures aux Bermudes « pour éviter une dépression »,Monique a connu ses premiers déboires avec des douaniers. Ces derniers ont finalement décidé de ne pas lui voler dans les plumes. Ils l’ont laissée passer en voyant son pressbook et en réalisant que « Monique n’est pas un vulgaire gallinacé ».

Creux de 7 mètres

Quelques jours après, l’équipage a lutté contre la dépression suivante, « secoués pendant plus de 8 heures par des vents de plus de 50 nœuds et des creux avoisinants les 7 mètres !La suite de la traversée a été beaucoup plus calme… », ponctuée de « magnifiques couchers de soleil », d’escortes de dauphins et baleines.

Monique a déjà fait le plein de poisson frais à Saint-Pierre-et-Miquelon. (Photo : DR) 

« Après 15 jours de mer et 1 600 milles, nous avons finalement accosté à Halifax (Canada) le 23 juillet. L’entrée dans le long chenal a été épique, il y avait des bateaux hauts comme des immeubles dans tous les sens, un courant de 4 nœuds et une visibilité proche de zéro. » Rebelote pour Monique qui a dû montrer patte blanche (tirant sur le roux) aux douaniers.

De là, accompagné d’un ami rencontré à Saint-Barth, cap sur Saint-Pierre-et-Miquelon pour une escale « magique » et des paysages« qui n’étaient pas sans me rappeler ma Bretagne natale ». Monique a fait là-bas sa première télé. N’empêche, l’appel du large a été plus fort et Yvinec est reparti vers le Groenland affrontant deux tempêtes. « La dernière a été très impressionnante, avec des vents de 40 nœuds et des pointes à 60 ! Cette fois, Monique était au chaud à l’intérieur et pas une plume n’a été mouillée ! »

 

La poule Momo, prête à quitter Saint-Pierre-et-Miquelon. (Photo : DR) 

Et maintenant ? « Nous allons aller à la rencontre du peuple inuit qui a beaucoup à nous apprendre », car Guirec a un rêve un peu fou : aller « aux confins du cercle arctique pour se faire prendre dans les glaces aux alentours de début octobre. Et y passer l’hiver », seul avec Monique… qui alors n’aura plus le droit de sortir. Pour ne pas avoir la chair de poule.

 

Coucher de soleil romantique pour le duo. (Photo : DR)