Un rêve d'enfant

Un rêve d’enfant se réalise!

C’est vrai que ça n’était pas gagné…

J’étais loin d’être un garçon exemplaire avec mes 13 écoles au compteur, heureusement j’ai arrêté avant ma première sinon on aurait pu en rajouter au moins 2. Le bac, Non je ne l'ai pas, le brevet non plus, enfin bon, je n'y suis jamais allé.
J’avais vraiment l’impression de perdre mon temps, et surtout j'étais déçu pour mes pauvres parents quand je voyais tout le mal qu'ils se donnaient pour moi...
J’avais besoin de partir loin de tout ça… 1 mois après avoir arrêté les cours me voilà en Australie. Sans un sou en poche, (les premières nuits se sont faites dans la rue) et évidemment, pas un mot d’anglais. Un premier défi de la vie que j’affronte avec force et volonté, vient ensuite un petit boulot dans une ferme d’un mois qui me payera un voyage autour de la côte ouest de l’Australie, à vélo. Avant de finir sur un Chalutier tout au long d’une année mouvementée, à pêcher 20H par jour ou je finirai même second capitaine malgré mes 18 ans à gérer jusqu’à 8 pirates…
A 20 ans, je rentre en France avec mon argent durement gagné et mon plus gros rêve d’enfant, acheter un voilier et partir à la découverte du Monde (qui n’en a jamais rêvé ???). 
Ma nouvelle maison flottante est repérée, je pars donc de ma Bretagne natale pour la visiter et l'acquérir. Ne manque plus maintenant qu’à apprendre comment la manoeuvrer, enfin ça va, j'ai fait de la planche à voile c'est presque pareil!!...
Malgré tous les problèmes et les épreuves rencontrées avec ce bateau, la liste est longue et j’ai même failli couler 3 semaines avant de larguer les amarres. La corrosion, gros inconvénient des bateaux en acier a percé la coque.  
On me met en garde:
``Attention Guirec tu ne peux pas partir comme ça, c'est du suicide il faut faire tout un chantier sur ton bateau, ca va prendre du temps et de l’argent``, ça tombe bien car je n’ai aucun des deux.
On arrive à reboucher les trous provisoirement.
Peu importe, il y a toujours de bonnes excuses pour ne pas partir. Le départ est lancé, je vous épargne les avaries encore…
Les escales s’enchaînent: Espagne, Portugal, Madère, Ile Selvagem, Canaries et la, attention, c’est la rencontre de Monique ma fidèle poule…( La belle rousse que vous voyez à ma droite sur mon bras). 
J’avais le projet de partir seul depuis longtemps mais je voulais quand même une, voire deux poules pour avoir de la compagnie et surtout des oeufs frais à bord.
Pourtant en Bretagne, on m’avait affirmé:
« Guirec une poule stressée ne peut pas pondre » Ok, déçu, même triste, je suis parti seul de Bretagne.
Mais pas cette fois, maintenant c’est bon, nous sommes 2 à bord et prêts pour se lancer dans la traversée de l’Atlantique, que nous bouclerons en 28 jours et 25 Oeufs HAHA!!!
Une sacrée expérience dont nous nous souviendrons pendant longtemps entre les voiles déchirées, les pannes GPS de plusieurs jours, nos amis les dauphins, les baleines, tous ces poissons remontés à bout de bras et ceux qui venaient s’échouer gentiment sur le pont pour Monique, la vie est belle... 
Une arrivée aux Antilles, dans le petit paradis de St Barthélémy avec 60 centimes sur la table à carte mais encore une douzaine d’oeufs donc pas de stress…
Il a fallu trouver un boulot: Jardinier, livreur de fleur, plagiste, serveur, et pour finir prof de planche à voile. 
3 mois, puis route vers le Sud: Guadeloupe, les Saintes, Marie Galante, La Dominique, Martinique, St Lucie, St Vincent, Grenade puis Trinidad et Tobago.
Maintenant c’est l’heure de sortir notre voilier Yvinec et de se mettre au boulot pour lui permettre de nous faire continuer à rêver ce voyage et à l’accomplir , 1 mois et demi après avoir rebouché une quarantaine de trous dans le bateau où certains étaient tellement gros que Monique pouvait y passer à travers ... pas si compliqué que ça la soudure en fait pour un Soudée!
De retour à St Barthélémy, j’y ai passé encore 6 mois, à travailler dans le club de planche à voile où j’avais fini avant le départ, beaucoup de rencontres ont été faites, Monique m’ayant énormément aidé à me faire connaître, j’ai pu developper mon projet et trouver des investissements. Le magnifique plumage de Monique et le projet ayant séduit la générosité de beaucoup de personnes, sponsors et partenaires, que je ne remercierai jamais assez, qui avec mon ardeur au travail, ont pu financer le projet dans sa totalité, nous parlons d’un montant qui s’élève à plus de 100 000 euros.
Le jours est arrivé, nous sommes en Juin, départ de St Martin après les derniers travaux et préparatifs, le cap est mis sur le Groenland par les iles vierges, les Bermudes, le Canada, St Pierre et Miquelon. Une dernière traversée de 10 jours et nous y voilà …

Sans bagage scolaire, sans un sou au départ, je suis parvenu à remettre à flot mon vieux bateau et à le mener au Groenland!
Je sais que je ne suis pas au bout de mes peines, que je vais devoir affronter bien d'autres épreuves avant la réalisation totale de mon projet, aux confins du cercle arctique, à travers l'hiver et au-delà des glaces polaires jusqu'en Alaska et jusqu'à mon retour en France.
Mais au moment où j'écris ces lignes, au moment d'entrer dans cette nouvelle page qui s'ouvre sur le Grand Nord, à ce stade de mon voyage, de ma vie, je suis heureux de vous dire qu'à force de détermination, de beaucoup de travail et d'une bonne dose de culot (il faut le dire) je suis entrain de réaliser mon plus beau rêve ! 
On me dit souvent que j'ai beaucoup de chance, c'est vrai je l'admets volontiers mais la chance cela se provoque! Il faut foncer, se donner les moyens de ses ambitions et y croire jusqu'au bout!
J'espère que mon voyage inspirera ceux qui ont un rêve mais pensent encore ne pas avoir assez d'assurance ou de confiance en eux, qui n'osent pas ou ont trop peur de quitter leur confort et leur routine, à le réaliser! 

Foncer, aller au bout de ses rêves c'est entrevoir le paradis!